Des corps, tout ou en partie, dialoguent avec un support, panneau de bois, toile encollé, papier. Ils y semblent coincés, essayant de s’y extraire. La figure peinte, dessinée, photographiée, filmée, fragmentée, inachevée, parfois nue, embarrassée d’un vêtement est livrée simplement dans sa propre posture.

Puissant, sensuel, les corps s’exécutent, s’envolent, dansent ou chutent.

L’artiste recherche l’entre-deux dans un cycle, dans un mouvement.  Elle va par exemple séparer des séquences  d’un rythme et le re-développer.

A l’inverse, elle accentue l’immobilisme des personnages en forçant le hiératisme dans les portraits. Nous avons cependant l’impression qu’ils bougent. Encore une histoire d’entre-deux, cette fois entre le fond et la forme. Le contour est défini subtilement, voir pas du tout, haché, raturé, ouvert, au contraire souligné grossièrement en noir. Les portraits peuvent être très expressifs ou être de véritables masques froids, stupides ou fuyants.

Le dessin  participe au jeux des oppositions, dépouillé, fortement marqué, lissé, très léché, trop réaliste, jusqu’à épuisement. Les couches picturales sont multipliées et rajoutées jusqu’à détériorer, falsifier, torturer, envoyer des coups sur la surface. Ce sont autant de marques, de traces qu’elle inscrit. Des formes, presque des tâches, apparaissent aléatoirement. L’artiste souligne et intègre ce process dans sa composition.