L’histoire de la Grande Pacha sur toile de Jouy

Les apparences sont toujours trompeuses.

La Pacha sur toile de Jouy Huile sur toile imprimé (de Jouy) 154 x 108 cm 2014

La Pacha sur toile de Jouy
Huile sur toile imprimé (de Jouy)
154 x 108 cm
2014

La Grande Pacha sur toile de Jouy est inspirée de l’American Madonna (1962) d’Allan D’Arcangelo. La série des Madones américaines sont conçues  comme « des « icônes » de la modernité présenté de façon symbolique et hiératique » ¹, si on reprends les termes de Marco Livingstone. L’historien d’art évoque des images féminines de déesses de l’écran ou de sexe-symbole qui sont montrées comme des papiers découpées, des poupées, des traits, des colonnes, vide de personnalités. C’est tellement symptomatique du paradoxe féminin et de son image aujourd’hui. Encore.

Travaillant depuis quelques années sur l’icône Féminine Cette peinture est une proposition inspirée des Heureux hasards de l‘Escarpolette de Fragonard, des chinoiseries baroques et des estampes japonaises. J’ai tracé une alcôve, clin d’oeil au divin marquis, creusé une antre, monté une pyramide, ma pontagne de chair, pour y placer ma madonna en inversant les voiles. On lève le rideau d’une pièce de théâtre. On relève sa jupe. Quid de mieux que la toile de Jouy, scène pastorale des 4 saisons, pour y coucher ma reine ? Et puisqu’on évoque la femme déesse, la montagne, le figure de Pachamama est reactualisée. Son culte remonte avant les Incas et existe toujours. Le New Age-îsme en raffole et en europe on fête  Gaïa ! C’est un peu ennuyeux mais il faut savoir tout de même que la déesse native a influencé  l’image de l’Immaculée Conception dès le XVIe siècles ².
Au fur et à mesure que les couches de peinture se superposaient, montant le volume grace à l’apport de lumière, selon la methode d’Ingres, la Pachamama devenait La Pacha….c’est plus rapide à dire. C’est devenu son petit nom durant ses 4 années de latence. J’avais de plus en plus la vision débonnaire d’Haroun El Poussah de Goscinny ³ se prélassant sur son grand coussin moelleux. Un vrai Pacha au féminin, couchée sur une toile de Jouy, fallait bien rire un peu…

 


¹ (ref. : Pop Art, M. Livingstone, éd. Hazan, 2000, p.84).

² c’est un autre débat.

³ Les Aventures d’Iznogoud, de René Goscinny et Jean Tabary. 1962.

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