A propos

Christelle guillet est une artiste peintre née en France en 1978 qui dessine les gens depuis toute petite.

C’est une révélation lorsqu’elle découvre Léonard de Vinci ainsi que Michel-Ange. Très motivée par l’envie d’en faire autant, elle apprend dès lors le portrait, le dessin d’anatomie et la peinture à l’huile en recopiant leurs dessins et en suivant les préceptes des Codex de Léonard avec un certain acharnement. Mais pour comprendre l’optique, il lui faut commencer par disposer des objets dans une pièce calfeutrée avec une petite lampe et peindre les reflets. Le résultat est consternant de réalisme. A l’université, elle étudie l’archéologie, l’histoire de l’art puis l’Art de la Renaissance et le portrait au XVIIe siècles au Centre de recherche de Tours.

Son travail est comme un jeu avec des expériences amusantes. Peindre pour voir les principes étudiés. Les portraits sont de très bon challenge parce que l’erreur de vraisemblance ne pardonne pas. L’artiste s’applique avec passion à reprendre les gestes ancestraux du métier de peintre en encollant et enduisant ses supports, du bois, des toiles. Elle aime la texture souple de la colle de peau sur la fibre textile. C’est un rapport presque charnel qui se construit. Comme un habit que l’on apprête pour se vêtir. Comme si on allait se préparer à habiter la toile. Pareille avec les fibres  du bois, le dessins suit amoureusement les veines de celui-ci. Y adjoindre un enduit puis des pigments, l’oeuvre commence. Plus que de l’artisanat, c’est le bricolage et ses inventions bizarres qui la satisfont.

Si les procédés sont académique, l’univers artistique est pourtant emprunt de la culture pop moderne des années 80 et d’influences aussi diverses que A. Mucha, F. Bacon, M. Raysse, B. Newman, etc. Ses sujets s’inspirent de l’actualité, de phénomènes de société souvent, du féminisme surtout, mais aussi de sentiments profonds, parfois douloureux. Effrontée, engagée et bavarde, c’est en racontant des histoires sur la vie et le monde que l’artiste affine son geste, multiplie les couches en transparence, lèche le dessin, râcle la peinture faisant un gribouillis qui pourrait ressembler à quelques chose ou pas. 

C’est ainsi que passer tant de temps à dessiner, le geste est mûr, il se reconnaît, et elle tente ainsi d’aller au-delà de la ligne, du contour, de la forme pour palper la matérialité de l’énergie et la rendre visible au mieux.